Comme tous les français, je suis K.O. quand j’apprends l’attentat de Nice. Je sors à peine de ma prise de vue sur le 14 Juillet parisien pour laquelle j’avais cherché des souvenirs d’enfance à illustrer. Et je redescends gravement sur terre. Au nom de Dieu, un homme s’est rué sur la foule au volant d’un camion. Tout, dans cette actualité me semble tellement paradoxal.
De retour, j’écoute un peu d’actualité pour combler mon incompréhension. Mais rien n’y fait, je reste atterré. Je décide d’éditer mes photos du soir pour réveiller mon cerveau sous le choc et je tombe sur cette image.
Au départ, j’ai pris cette image pour partager mes souvenirs d’enfance sur le thème du 14 juillet. C’est une fête familiale qui pétarade, plutôt festive, qui mélange l’amusement potache des uns les regards condescendants des autres. Mais, tout ce petit monde se rassemble dans l’admiration pendant le feu d’artifice. C’est un instant fort de cohésion, de rassemblement pendant lequel on oublie nos oppositions pour se réjouir ensemble.
Je me fige sur cette image à cause de l’actualité. J’imagine que le forcené a dû voir quelque chose de similaire, juste au moment de foncer. Il a certainement vu ce genre d’état de grâce et la tête d’un enfant qui se retourne en entendant son véhicule se rapprocher. Mais ça ne l’a pas arrêté, il avait soif d’innocence.
Cette image fait partie de ma série « France« .
