Il y a une légère retouche dans mon image de couverture. J’aurai pu utiliser un vieil outil de Photoshop nommé le Tampon duplicateur mais j’ai préféré utiliser l’IA générative pour ajouter un peu de « matière » à un endroit un peu trop blanc, trop « cramé » comme on dit chez nous. Pour mieux comprendre, je joins ci-dessous l’image d’origine sur laquelle je trouvais que la glace pilée était trop surexposée.

Malgré ma légère retouche utilisant l’IA, je pense que ma photo de couverture reste dans le registre documentaire. C’est en tout cas mon opinion d’auteur. Eventuellement, mon image pourrait basculer dans le domaine de l’illustration ou du fictif si elle devait servir à mettre en valeur un texte qui porterait sur la glace pilée, mais en dehors de ce contexte étroit, l’information de cette photo est une empreinte classique d’une réalité.
Comme de nombreux photographes, lorsque je vois une image qui me plait, j’en prends plusieurs et je sélectionne celle qui me plait le plus lorsque je suis au calme et que j’ai un peu de recul sur ce que je viens de vivre. Pour le choix de cet instant, j’ai hésité à en prendre une autre, plus précisément celle qui suit.

Dans ce second choix possible, je trouvais la posture de la femme plus intéressante car on voit mieux le geste de la découpe et elle est moins reconnaissable. D’un point de vue esthétique, cette image ne me convenait pas car elle est cadrée trop à ras. Un bord du thon et le haut de la tête de la femme manque un peu d’air, c’est trop proche du bord. En quelques secondes, l’IA permet d’élargir mon image, j’ai donc essayé comme en témoigne l’image suivante.

A première vue, l’IA semble avoir bien travaillé mais à mes yeux d’auteur, cette image ne convient pas du tout. Le détail qui me fait rejeter cette image légèrement retouchée par l’IA c’est le drapeau anglais en haut à gauche. Comme on peut le voir sur mon image de couverture, c’est sans conteste un drapeau anglais. Mais sur cette dernière image, l’IA n’a pas reconnu le drapeau et la génération produit une information trouble. Ca ressemble à un drapeau anglais mais ça n’en est plus vraiment un, il y a un gros doute sur la nouvelle image générée par l’IA. Un photomontage facile aurait pu me permettre de rétablir la réalité mais à quoi bon, j’ai une autre image qui me tend la main, j’ai préféré l’utiliser pour la couverture de cet article.
L’importance de l’auteur
Dans mon image de galette des rois, j’évoquai déjà l’importance de l’auteur et j’insiste avec cette nouvelle photo. La connaissance de l’auteur d’une image est importante pour mieux comprendre sa démarche. Un photographe qui n’est pas sensible à l’aspect informatif d’une image pourra passer à coté de détail comme celui que j’évoque avec ce thon. La connaissance de l’auteur apporte au spectateur la possibilité de regarder le travail antérieur du photographe et elle impose au photographe une plus forte responsabilité sur ce qu’il montre.
De l’imitation à l’information
J’ai commencé cette série en mettant l’accent sur la facette imitative de l’IA mais depuis mon instantané du 7 janvier je me rends compte que l’IA produit surtout de l’information artificielle. Il est donc important de savoir sur quel ton l’IA nous parle.
