Les lever de soleil font souvent des records de vue sur insta et comme je l’ai expliqué précédemment, je me suis réconcilié avec ce genre. Mais ça ne m’empêche pas d’avoir un peu de recul. Et si on prends le temps de regarder en détail cette image, il y a accumulation de clins d’œil. Je ne dévoilerai pas tous les détails qui m’ont amusés mais je glisse dans cet article quelques pistes.
Le petit oiseau qui va sortir du cadre, c’est un pélican dont l’envergure varie entre 2 et 3.5m. C’est aussi un symbole chrétien qui apparait à plusieurs endroits de la basilique du sacré cœur de Paris. Le pélican avait la réputation d’aller jusqu’à donner son sang pour nourrir ses petits et Saint Augustin n’hésita pas à faire le parallèle avec le christ. Si je donne ces deux informations c’est pour insister sur le fait que je suis en pleine conscience de celles-ci lorsque j’empreinte cette photographie.
Auguste Renoir était très critique face au progrès qu’il avait vécu comme socialement destructeur. Ses parents qui confectionnaient des vêtements ont été fortement impactés par l’industrialisation de la fabrication textile. Plus tard, le progrès imposé par Haussmann va le chasser de son logement. Pourtant, cela ne l’a pas empêché d’être moderne. Lorsque j’ai commencé à photographier, on n’imaginait pas que l’on puisse empreinter le réel avec la légèreté qu’offre un smartphone. Lorsque je constate les progrès des images en contre jour des téléphones portables, ça me bluffe vraiment cette facilité d’utilisation.
L’instant de la prise de vue est important pour la création d’une image mais parfois, une photographie se détache au moment du choix dans les planches contacts. Ici, à l’instant où j’empreinte, je ne m’aperçois pas que le ponton se confond à la perfection avec l’horizon, c’est en regardant mes raws que je constate ce coup de chance. Je trouve alors que cette image prends de l’importance car j’utilise beaucoup de limites comme l’oiseau qui est limite à franchir le cadre, l’horizon qui est presque à moitié de la hauteur, etc…
