Une brin de romantisme pour cette nouvelle image qui s’offre le luxe de rentrer dans deux de mes séries : « Montmartre romantique » et « L’instant Dé ».
Pour la petite histoire de cette image, j’ai suivi la méthode Cartier Bresson (rien que ça^^), et ça a bien fonctionné.
La méthode Cartier Bresson est assez simple à suivre car il suffit de déceler un beau paysage et d’attendre qu’un être vivant pénètre dans le cadre. C’est en tout cas cette méthode qu’ HCB aurait suivit pour sa célèbre photographie prise derrière la gare saint-Lazare. Voilà pour la théorie. En pratique c’est parfois plus complexe. Pour cette image par exemple, je trouvais que l’enfilade de la rue du bateau lavoir était comme toujours pleine de charme. Mais je profitais à peine de cet instant d’épicurisme qu’un jogger apparait d’entre les ombres. Panique à bord, je prends mon appareil, je l’allume, je vise, j’empreinte. C’est un désastre, l’image est floue, mal cadrée, l’échec total. J’ai froid, il fait nuit, combien de temps devrais-je attendre pour trouver une autre image ? Alors je scrute mon paysage et je remarque ce vélo bleu posé sous le réverbère. La bicyclette bleue c’est plein de souvenir pour moi car j’ai dévoré ce roman de Régine Desforges et cette période de mon existence est remplie de bons souvenirs. Je ne peux pas laisser filer cette image, et puis le vélo est bien éclairé, on verra certainement bien la couleur su tirage. Allez, je décide de trouver le bon cadrage et si j’ai un peu de chance et de patience, un être vivant rentrera peut-être. Je n’ai pas attendu longtemps, voilà un couple sur ma droite. Incroyable, ils s’embrassent! On dirait presque le baiser de l’hôtel de ville de Doisneau. Faut surtout pas que je loupe ou que je casse l’image. Doucement mais nerveusement, j’élargi mon cadre sur la droite mais je fais quoi de la mise au point ? J’ai trop peu de profondeur de champ et pas assez de lumière, il me faut de la profondeur de champ pour que le couple soit visible. Tant pis j’augmente mon grain et je diminue mon diaphragme. Pas mal d’adrénaline à ce moment pour tenter d’avoir une image correcte. Mais c’est quoi qui bouge en haut ? un jogger ! Ca devient fou cette image comment faire pour que je jogger, le couple et le vélo soient reconnaissable. C’est clair, le jogger est trop loin pour être reconnaissable dans le flou. Je ne réfléchi plus vraiment, je suis sur de l’instinct une sorte d’inconscient qui pilote à ma place. J’empreinte une dernière fois et je suis épuisé. J’ai presque envie de rentrer tout de suite pour voir mon image en grand, mais non, ça commence trop bien pour s’arrêter et je me dis que le bruit numérique risque d’être tellement fort que mon image aura du mal à le supporter, alors je poursuis mon chemin.
Où il est question de la méthode Cartier-Bresson : l’abreuvoir à passion
